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17 octobre 1961 : Massacre des Algériens au coeur de Paris

Parution originale sur le site de France 24, date non renseignée.
Traduction de Charlotte Landry, relu par Madame Marcella Rubino.

C’est une des pages les plus sombres de l’histoire de France. Le 17 octobre 1961, alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, les forces de sécurité françaises ont violemment réprimé une manifestation organisée par l’organisation des Français Musulmans d’Algérie (FMA) à Paris, la capitale française. Quel a été leur crime ? Les protestation et manifestation pacifiques répondaient à l’invitation lancée par le Front de Libération National (FLN) en France, à sortir en nombre contre le couvre-feu imposé [aux Algériens] par Maurice Papon, responsable de la sécurité dans la capitale. Cette nuit-là et pendant les jours qui l’ont suivie, la police française a fait usage de la force pour réprimer les manifestants, les frappant, en exécutant certains, puis les jetant dans la Seine.


A travers la censure exercée sur les médias, la politique et les forces de police ont effacé toute trace de cet événement sanglant mettant définitivement l’histoire sous silence. Comme l’ont décrit les historiens britanniques Jim House et Neil MacMaster, la répression de cette manifestation reste la plus violente jamais exercée par un État contemporain, durant des manifestations de rue dans l’histoire de l’Europe occidentale. En dépit de cela, cet événement suscite [encore aujourd’hui] la polémique.


Durant plusieurs décennies, le bilan officiel faisait état de trois morts seulement. Aujourd’hui, le nombre approximatif de morts s'élève au moins à 48. Certains historiens parlent même d’une centaine de morts.


Soixante ans après, beaucoup attendent d’Emmanuel Macron une déclaration importante sur ce qui a été décrit par le Bureau du procureur le 12 février 1999 comme un massacre.  Beaucoup de ceux ayant participé à ces manifestations, les témoins oculaires, les familles des victimes, les associations, ainsi que les historiens, demandent une reconnaissance officielle d’un “crime raciste” ou bien d’un “crime d’Etat”.